À quoi elles servent
Ce sont des canalisations fixes installées à demeure dans les bâtiments à étages ou en sous-sol, destinées à mettre de l'eau à disposition des sapeurs-pompiers à chaque niveau, sans qu'ils aient à dérouler des tuyaux depuis la voie publique. Le gain n'est pas de confort : c'est du temps d'attaque, et sur un feu en hauteur ou en sous-sol, c'est décisif.
Raccord d'alimentation plombé après vérification — le plombage atteste qu'aucune manœuvre n'a eu lieu depuis le dernier contrôle — et prises scellées en pied de colonne.
Sèche ou humide
La colonne sèche est une tuyauterie rigide vide d'eau. Les sapeurs-pompiers raccordent leurs fourgons au raccord d'alimentation en pied de bâtiment, et l'eau est acheminée aux prises d'incendie de chaque niveau. C'est le cas le plus courant : parkings, immeubles d'habitation, bâtiments dont le plancher bas du dernier niveau se situe entre 18 et 50 mètres.
La colonne humide, ou colonne en charge, est maintenue en eau sous pression permanente par un surpresseur ou une réserve. Elle est généralement réservée aux immeubles de grande hauteur et aux très hauts bâtiments, où le délai de mise en œuvre d'une colonne sèche serait rédhibitoire.
Les deux relèvent de la même norme de maintenance, la NF S 61-759, mais pas du même programme de contrôle.
Les vérifications
Colonne sèche — maintenance annuelle
- inspection visuelle de l'accessibilité des raccords d'alimentation et des bouchons ;
- contrôle d'étanchéité à sec, par mise sous pression d'air ;
- essai hydrostatique à la pression d'épreuve réglementaire, de l'ordre de 16 à 25 bars selon la catégorie ;
- vérification du bon fonctionnement des purgeurs automatiques et des clapets anti-retour.
Colonne humide — contrôle trimestriel
Vérification visuelle des prises d'eau et de la pression permanente au manomètre.
Colonne humide — maintenance annuelle
- mesure de pression et de débit au point le plus défavorable ;
- contrôle des réservoirs de coupure et des groupes de surpression associés ;
- test de fonctionnement et d'étanchéité des vannes d'isolement et de purge.
Le plombage n'est pas décoratif. Un raccord plombé après vérification atteste qu'aucune manœuvre n'a eu lieu depuis le dernier contrôle. Un plomb rompu signifie qu'on ne sait plus dans quel état est la colonne : elle a pu être manœuvrée, vidée, ou pire, laissée en eau dans une cage d'escalier non chauffée.
Ce que nous relevons le plus souvent
Le raccord d'alimentation devenu inaccessible
Véhicule stationné devant, local à poubelles installé en travers, coffret repeint et fermé à clé sans que personne ne sache où est la clé. Les secours arrivent, et perdent les minutes qui comptent.
Les bouchons manquants
Un bouchon absent sur une prise d'étage laisse entrer poussières et corps étrangers, et signale surtout que l'installation a été manœuvrée hors contrôle. Le remplacement des joints de bouchons fait partie de la visite.
Le purgeur bloqué
Sur une colonne sèche, un purgeur qui ne fonctionne plus laisse de l'eau résiduelle dans la canalisation après un essai. Dans une cage d'escalier non chauffée, cette eau gèle et la colonne est hors service tout l'hiver, sans aucun signe extérieur.
Les fuites qui n'apparaissent qu'en pression
Une colonne parfaitement étanche à sec peut fuir à la pression d'épreuve. C'est tout l'intérêt de l'essai hydrostatique, et la raison pour laquelle une visite qui se limite au contrôle visuel ne vaut pas grand-chose.
Ce que nous faisons
Nous réalisons la maintenance complète des colonnes sèches et humides : contrôle des accès et des raccords, étanchéité à sec, essai hydrostatique, purgeurs et clapets, et pour les colonnes en charge les mesures de pression et de débit au point le plus défavorable ainsi que le contrôle des groupes de surpression.
Chaque colonne est plombée après vérification et les relevés sont consignés, ce qui rend le suivi comparable d'une année sur l'autre. Les écarts sont rapportés avec photo et localisation, puis chiffrés.
Cette page est donnée à titre d'information générale. Les obligations exactes, la catégorie de colonne et la pression d'épreuve applicable dépendent du régime de votre bâtiment et de sa date de construction. Pour une situation précise, rapprochez-vous de votre conseil et de votre assureur.