Naturel ou mécanique : deux façons de faire le même travail
Le désenfumage regroupe les dispositifs destinés à évacuer les fumées, les gaz chauds et toxiques produits par un incendie, tout en apportant de l'air frais. L'objectif est triple : préserver une hauteur d'air respirable, faciliter l'évacuation des occupants, et permettre l'intervention des secours.
Le désenfumage naturel travaille par balayage. L'air frais entre en partie basse, les fumées sortent en partie haute par des exutoires en toiture ou des châssis en façade. Aucune énergie n'est nécessaire au tirage : c'est la chaleur du feu qui fait le travail.
Le désenfumage mécanique extrait les fumées par ventilateurs, avec une amenée d'air naturelle ou mécanique. On y recourt quand la configuration interdit le tirage naturel — sous-sols, parcs de stationnement, locaux aveugles, grandes profondeurs de bâtiment.
Trappe de désenfumage en position ouverte : c'est la course complète du vérin, jusqu'à l'angle d'ouverture nominal, qui est contrôlée lors de l'essai — pas le simple fait que la trappe bouge.
Les éléments constitutifs
- DENFC, dispositifs d'évacuation naturelle de fumée et de chaleur : exutoires en toiture, trappes, châssis en façade.
- Volets et registres de désenfumage : dispositifs d'obturation installés sur les conduits, qui s'ouvrent ou se ferment selon la zone sinistrée.
- Gaines et conduits : canalisations étanches résistant aux hautes températures, pour véhiculer l'air frais et les fumées.
- Ventilateurs d'extraction et d'insufflation : moteurs résistant aux hautes températures, couramment classés 400 °C pendant 2 heures.
- Commandes et coffrets de relayage : boîtiers à bris de glace, tirettes, et armoires de commande d'asservissement.
- Alimentations de sécurité : électriques ou pneumatiques, elles conditionnent le fonctionnement au moment où le réseau normal disparaît.
Vérification et maintenance selon la NF S 61-933
La norme répartit les opérations selon leur nature et leur fréquence, et associe à chacune un niveau de compétence défini par la NF S 61-931. Elle ne retient pas une périodicité unique, contrairement à une idée répandue.
Tous les jours, niveau I
Constat de la signalisation donnant l'état des alimentations électriques de sécurité et des alimentations pneumatiques de sécurité. Constat de l'intégrité des dispositifs de commande accessibles au public.
Contrôle visuel d'exploitation, trimestriel
Accessibilité des commandes manuelles de désenfumage, et absence d'obstacle sous les exutoires de toiture et les volets. C'est le contrôle le plus simple, et celui dont le défaut se voit immédiatement : une palette stockée sous un exutoire annule le dispositif.
Vérifications périodiques, de trois mois à un an, niveau III
Elles doivent être effectuées en l'absence de la source normale — un point souvent négligé, alors qu'il conditionne la validité de l'essai. Elles couvrent :
- l'examen du passage en position de sécurité des dispositifs actionnés de sécurité ;
- l'essai des coffrets de relayage pour ventilateurs de désenfumage ;
- l'essai des exutoires et ouvrants, et l'essai des volets ;
- l'examen visuel de chaque DAS, y compris ceux disposant d'un contrôle de position et d'un réarmement à distance ;
- l'examen du passage en position de sécurité des dispositifs commandés terminaux ;
- le contrôle par pesage des cartouches de CO₂ à usage unique servant de source aux alimentations pneumatiques : la masse ne doit pas être inférieure à 90 % de la masse nette d'origine.
Vérification générale
Sa périodicité est fixée par le prescripteur, la norme recommandant tous les trois ans. Elle porte sur l'adéquation du dossier d'identité du SSI aux exigences applicables au bâtiment, sur la conformité de l'installation à ce dossier, sur la réalité des opérations de maintenance — vérifiée par les enregistrements et par des essais sur au minimum un équipement par zone et par fonction — et sur les conditions d'exploitation.
Deux obligations rarement respectées. Toutes les opérations de vérification et de maintenance doivent faire l'objet d'un enregistrement. Et lorsque le chef d'établissement confie la maintenance à une entreprise extérieure, un contrat conforme aux prescriptions de la norme doit être établi.
Ce que nous relevons le plus souvent
L'ouvrant qui s'entrouvre
Le vérin sort, la trappe bouge de quelques centimètres, et l'essai est déclaré bon. Sauf que le débit d'extraction dépend de la surface géométrique réellement dégagée : une trappe à mi-course ne désenfume pas à moitié, elle désenfume beaucoup moins. Ce qui se contrôle, c'est la course complète jusqu'à l'angle d'ouverture nominal.
L'amenée d'air oubliée
Le désenfumage naturel fonctionne par balayage : sans entrée d'air frais en partie basse, l'extraction en toiture s'étouffe. Or les amenées d'air sont les premières à être condamnées — porte calfeutrée contre les courants d'air, grille obstruée par un stockage, ouvrant bas verrouillé pour raison de sûreté. L'installation paraît complète et ne tire pas.
Les cartouches de CO₂ en fin de vie
Sur les systèmes pneumatiques, une cartouche qui a fui lentement ne se voit pas : elle se pèse. En dessous de 90 % de la masse d'origine, elle n'a plus la pression nécessaire pour déclencher. C'est une opération de quelques minutes, très souvent sautée.
Les zones qui ne correspondent plus au bâtiment
Le zonage de désenfumage a été défini à la construction. Puis des cloisons ont bougé, un stockage a changé de nature, une mezzanine a été ajoutée. Le découpage en zones ne correspond plus à la réalité, et le désenfumage se déclenche au mauvais endroit.
Le basculement sur l'énergie de sécurité
En désenfumage mécanique, tout tient au fait que les ventilateurs continuent de tourner quand le réseau normal disparaît. Le basculement sur groupe électrogène ou sur batteries se teste, et c'est précisément pour cela que les vérifications se font hors source normale.
Le désenfumage ne se juge pas isolément
Les volets et les exutoires sont des dispositifs actionnés de sécurité : ils reçoivent leurs ordres du système de sécurité incendie. Un désenfumage impeccable derrière un asservissement débranché ne se déclenchera jamais tout seul, et une détection irréprochable devant des ouvrants grippés ne produira rien.
De la même façon, le désenfumage et le compartimentage se dimensionnent ensemble, zone par zone : une baie non obturée dans un mur séparatif fait sortir les fumées de la zone pour laquelle les surfaces ont été calculées. Voir le SSI et la chaîne de mise en sécurité, et les portes coupe-feu et le compartimentage.
Ce que nous faisons
Nous couvrons le désenfumage naturel et le désenfumage mécanique.
En naturel : essai d'ouverture mécanique, pneumatique ou électrique des trappes et exutoires depuis les commandes manuelles, course contrôlée jusqu'à l'angle nominal, remplacement des cartouches de CO₂ sur les systèmes pneumatiques, contrôle des mécanismes de verrouillage et de réarmement, et vérification des amenées d'air.
En mécanique : essai de fonctionnement des ventilateurs d'extraction avec mesure des débits et des pressions, test d'ouverture et de fermeture des volets et registres associés, vérification du basculement sur la source d'énergie de sécurité en cas de coupure secteur, contrôle des coffrets de relayage et des connexions électriques.
Les écarts sont consignés au rapport avec photo et localisation, et l'ensemble est enregistré comme la norme l'exige.
Cette page est donnée à titre d'information générale. Les surfaces de désenfumage exigées, le zonage et les périodicités applicables dépendent du régime de votre site — ERP, IGH, ICPE, code du travail — de son classement et de sa date de construction. Pour une situation précise, rapprochez-vous de votre conseil et de votre assureur.